Cette fouille a permis d’observer l’évolution d’un établissement dans la proche campagne de Narbonne de la conquête romaine au Haut Moyen Âge
Dans une première phase datée entre la fin du IIème siècle et les débuts du Ier siècle av. J.-C., le site présente un plan éclaté, structuré à l’ouest par un puissant fossé qui a livré un important lot d’amphores italiques. Dans la partie centrale de la fouille prend place une vaste fosse de plan carré. Un empierrement et un mur sont installés à son angle nord-ouest. Le premier est percé de trous de poteaux, indices probables d’une structure légère (grenier). D’autres fosses ainsi que des trous de calage de poteaux et de piquets complètent le plan. Ils suggèrent la restitution de structures en matériaux périssables. Dans cette première phase, l’établissement montre de nombreuses analogies avec les modèles « laténiens » du nord de la France.
Dans le courant du Ier s. av. J.-C, l’établissement se dote de maçonneries liées au mortier. Il adopte un plan en U, organisé autour d’une cour centrale (ouverte au sud) bordée de trois galeries. Deux bassins occupent l’espace de la cour. Le plus grand pourrait correspondre à une citerne. Dans la dernière moitié du Ier siècle av. J.-C., le bâtiment septentrional connait une restructuration, avec l’installation d’une pièce ouverte à l’ouest. Au sein de cet espace, un bassin rectangulaire dénué de cupule est bâti. En parallèle sont creusées de vastes fosses (à dolium ?) dans la cour.
A la fin du Ier s. av. J.-C., un nouvel établissement s’installe à l’emplacement de l’aile nord du précédent. L’édifice présente une plus modeste qualité de mise en oeuvre par l’absence de liant au mortier. Une activité de production viticole est attestée. Le bâtiment est muni d’un chai situé dans l’aile orientale, composé d’au moins 16 dolia dont le comblement des fosses de récupération date son abandon de la seconde moitié du Ier s. ou au début du IIe siècle apr. J.-C. Enfin, après un hiatus, le site est réoccupé à partir du Ve s. et durant les VIe –VIIe s. et peut-être au delà.
Cette opération apporte une documentation d’un grand intérêt concernant la chronologie et l’organisation des vestiges des deux phases les plus anciennes, rarement observés en Narbonnaise, et plus particulièrement dans le courant du Ier s. av. J.-C.

Responsable d’opération : L. Le Roy

LE ROY (L.), GALY (J.), MALIGNAS (A.), MASBERNAT-BUFFAT (A.), BERDAUX-LE BRAZIDEC (M.-L.), CARRATO (C.), FERDINAND (L.), LASNIER (T.), ROVIRA (N.), SABRIE (R.) – Un établissement dans la proche campagne de Narbonne de la conquête romaine au Haut Moyen Age. Rapport Final d’Opération, Mosaïques Archéologie, Loupian, janvier 2011, 372 p.