Cette fouille a été réalisée préalablement à l’extension de la zone d’activités de Lautagne à Valence. Le diagnostic archéologique réalisé à la fin de l’année 2010 par E. Ferber (INRAP) a mis en évidence de nombreux vestiges à l’emplacement des futurs aménagements. Ces vestiges correspondaient principalement à des camps de l’armée romaine, découverts en 1991 par A. Allimant. Le diagnostic a également mis en évidence des occupations ponctuelles d’époque néolithique et protohistorique. Ceci a motivé la prescription d’une fouille de grande ampleur par le Service Régional de l’Archéologie.

Cette fouille a été conduite par les équipes de Mosaïques Archéologie et ACTER. Elle a concerné une surface d’un peu plus de 12 ha. Elle s’est déroulée sans interruption entre décembre 2013 et mars 2015.

Les vestiges néolithiques

Le diagnostic de l’INRAP sur la tranche 1 de la ZAC de Lautagne a mis en évidence la présence d’occupations attribuées au Néolithique. Ces occurrences du début de l’Holocène ont été documentées, au cours du diagnostic, par 9 structures en creux ainsi que par du mobilier issu des tranchées. Il faut toutefois préciser que sur ces 9 structures, seules 2 sont localisées dans l’emprise de fouille qui fait l’objet du présent rapport. Le plan de répartition des tranchées ayant livré des structures datées du Néolithique laisse à voir que celles-ci sont en effet concentrées plus au nord, hors emprise.

Parmi les 9 fosses datées du Néolithique, 3 sont attribuées au Néolithique Moyen Bourguignon, 2 à du Chasséen, 1 présenterait les caractéristiques d’un faciès mixte Chasséen-NMB, 1 est attribuée à un Néolithique Moyen au sens large, 1 à un Néolithique Final « Campaniforme »-Bronze Ancien. Enfin une dernière structure renvoie à un Néolithique lato sensu.

L’examen céramique du mobilier du diagnostic mené par F. Thiercelin-Ferber et E. Néré a permis de mettre en évidence une occupation diachronique dès le Néolithique Moyen jusqu’au Néolithique final-Bronze Ancien, le Néolithique Moyen étant toutefois mieux représenté.

La présence d’un faciès de transition entre un Chasséen très récent et le Néolithique Moyen Bourguignon a été avancée sur la base de la présence d’éléments typologiques dans la céramique, associée dans au moins une des structures à des industries lithiques qui renverraient aux phases récentes du Chasséen (silex bédoulien chauffé).  Les données issues des industries lithiques sont elles moins caractéristiques dans leur ensemble mais témoigneraient d’une situation contrastée. Deux types de productions sembleraient cohabiter en association avec une céramique aux influences septentrionales, l’une faisant clairement référence à un Chasséen méridional (lamelles en silex bédoulien chauffé etc.), l’autre relevant d’une production moins investie et mal caractérisée. L’hypothèse d’une présence sur le site de groupes contemporains mais n’ayant pas accès aux mêmes réseaux de diffusion a été émise.

En tout état de cause, c’est à une phase terminale d’un Chasséen aux larges influences septentrionales que semblent se rattacher les éléments attribués au Néolithique Moyen, soit 3700-3600 av. n-è.

Les objectifs de la fouille étaient donc de confirmer une occupation de la toute fin du Chasséen, dans un contexte de dilution des caractères méridionaux au profit d’influences septentrionales, de tester l’hypothèse d’une occupation synchrone du site par différents groupes n’ayant pas accès aux mêmes réseaux de distribution des matières premières. Problématiques qu’il fallait aborder d’un point de vue chronométrique (absolu et relatif) d’une part, et d’un point de vue socio-économique et culturel d’autre part.

Dans une autre perspective, l’opération devait mettre l’accent sur les aspects chronostratigraphiques et caractériser ces niveaux néolithiques par le biais d’une approche géo-archéologique en documentant les articulations entre les dynamiques sédimentaires des paléovallons et du remplissage du plateau d’une part et les structures et possibles niveaux d’occupations néolithiques d’autre part.

Pour répondre aux attentes de la prescription, à savoir investiguer les secteurs définis comme pouvant livrer des vestiges néolithiques et répondre aux questions d’ordre chrono-culturel soulevées par le diagnostic, plusieurs méthodes de fouilles ont été appliquées (décapage mécanique par tranchées parallèles, décapage mécanique sur zone ciblée, fouille manuelle de niveaux ou de structures). Ces choix méthodologiques ont été réalisés en collaboration avec le géomorphologue (J.-L. Brochier CAPRA) de manière à cibler le plus efficacement les zones où les contextes sédimentaires étaient les plus à même d’avoir conservé des niveaux et structures du Néolithique.

Les résultats de la fouille sont assez contrastés. En effet, l’opération n’a mis en évidence que 4 structures attribuées au Néolithique lato sensu, aucun autre aménagement ou sol n’ont pu être formellement identifiés et le mobilier collecté est assez pauvre (environ 1500 tessons et 256 éléments lithiques). Pourtant, sans s’inscrire en contradiction avec les résultats du diagnostic, qui mettaient en avant une occupation du Chasséen Récent, les données issues de la fouille présentent une situation légèrement différente du point de vue de la sériation chronoculturelle et mettent en évidence une étape chronologique du Chasséen assez ancienne et peu documentée dans la Vallée du Rhône en plus de l’occupation récente. Cette étape du Chasséen Ancien (terminologie céramique ; pré-traitement thermique en terminologie lithique) est documentée en particulier dans la fosse FS5012. La série céramique y présente des caractéristiques d’affinité St-Uze comme les pots sub-cylindriques, les anses en bobines mais également des éléments comme les écuelles carénées basses, les vases globuleux à col, les petites  anses en ruban ou les mamelons perforés (Beeching 2002). L’assemblage lithique est composé d’éclats et de lames peu normées en silex bédoulien débités selon différentes techniques. La série peut paraître à première vue peu typique de la production lithique du Chasséen, mais s’inscrit en fait dans un petit ensemble de sites assez discret jusqu’à présent et documentant la période 4300-4150 av. n-è (Léa 2004b, V. Léa  et A. Reggio communication personnelle 2016). Ces sites se caractérisent par un débitage d’éclats ou  lamino-lamellaire local, peu investi et impliquant plusieurs techniques de taille sur silex bédoulien.

Une datation radiocarbone réalisée sur graine dans la fosse FS5012 vient confirmer cette attribution : Valence L14-FS5012 Poz-78010 5410±35 B.P. soit 4345-4228 cal B.C. à 2 sigmas. Si la date est quelque peu éclatée, elle provient d’un contexte fiable et corrobore parfaitement les études de mobilier.

D’autres occurrences du Chasséen ancien sont avérées dans un fond de fosse arasé et suite au décapage mécanique : deux  géométriques sur lame en silex bédoulien non chauffé, un gros éclat en silex bédoulien non chauffé repris pour un débitage de petits éclats caractéristique des phases anciennes du Chasséen (Léa 2004a, 2004b ; Léa et al. 2009) et une  large anse en ruban typique. Le Chasséen récent est attesté par des vestiges épars issus d’épandages de mobilier. Aucune structure en creux identifiée à la fouille ne renvoie à cette étape. Quant au Néolithique Final, il n’est avéré que par deux fosses au mobilier ubiquiste (meule fragmenté et tessons atypiques) dont les datations radiocarbones s’inscrivent dans la deuxième moitié du IIIème millénaire entre 2565 et 2205 cal B.C.

Bien que ténus, des indices indéniables confirment une occupation dès le Chasséen ancien sur le plateau de Lautagne. La possibilité d’identifier une phase ancienne du Chasséen notamment au travers d’un ensemble clos ayant livré du mobilier homogène et une datation fiable est un jalon intéressant dans la reconnaissance des occupations du Néolithique Moyen du Nord de la Drôme, dans une situation d’interface entre influences méridionales et septentrionales.

Les camps de l’armée romaine

Les différentes opérations de fouille et de diagnostic réalisées sur le plateau de Lautagne ont permis de repérer cinq camps militaires romains, répartis sur une surface de 50 ha (Conjard Réthoré, Ferber 2013). La fouille que nous avons réalisée a permis d’explorer partiellement trois de ces camps.

Le camp le plus ancien (Camp E)

Grâce aux différentes opérations de diagnostic et de fouille, l’extension du camp le plus ancien (baptisé camp E dans Conjard Réthoré, Ferber 2013) est bien connue. Couvrant une surface de 30 ha au minimum, il est délimité sur trois de ses côtés par un fossé qui enserre un espace de forme carrée. Sur le quatrième côté, le camp est barré par la falaise (limite nord du plateau de Lautagne). Lors de l’opération de fouille conduite par notre équipe, ce camp a été fouillé sur une surface de 5000 m².

Le fossé défensif a été parfaitement repéré. Il correspond à un creusement à profil en V. Large de 5 m, il est profond en moyenne de 1,7 m. L’analyse du comblement a montré que cet aménagement était resté ouvert pendant un laps de temps assez long (plusieurs mois ?). En effet, à la base du remplissage, des niveaux colluviaux étaient visibles dans plusieurs sondages. Leur formation résulte apparemment de plusieurs épisodes successsifs (étude en cours, J.-L. Brochier). Ces couches ont colmaté le fond du fossé sur une épaisseur variant entre 30 et 70 cm. La partie supérieure du remplissage correspond en revanche à un remblaiement volontaire, formé d’une alternance de couches de graviers et de loess. Ces couches supérieures contenaient de grandes quantités d’objets métalliques. On compte une proportion importante d’éléments d’armement. Plusieurs fragments de pilum ainsi que des pointes de flèche sont présents. Une pointe métallique à douille correspond sans doute à un trait de catapulte. Des éléments de casque ont été identifiés. D’autres pièces appartiennent à la panoplie vestimentaire du légionnaire (clous de chaussure, phalère, boucles de sangle). Près de soixante monnaies proviennent du même contexte.

Ce fossé comporte des aménagements particuliers. En effet, une dizaine de fours ont été aménagés le long de ses parois. Ils sont implantés selon un maillage irrégulier. Il s’agit de fours à profil en cloche, dont les parois sont constituées par le substrat. Les soles sont circulaires et leur diamètre varie entre 0,5 à 1 m. L’analyse de la stratigraphie montre que ces fours ont été installés alors que le fossé était partiellement comblé par des colluvions. L’aménagement de fours sur les parois d’un fossé peut paraître étonnante, voire incongure. Elle trouve cependant quelques parallèles, en particulier en Grande Bretagne.

L’aménagement intérieur de ce camp nous échappe totalement. Il faut dire que la zone où ils se trouvaient a subi un arasement prononcé.

À ce stade, dater ce camp reste un exercice délicat. La céramique recueillie dans le fossé est rare. Elle se compose exclusivement d’amphore italique, avec de rares bords d’amphores Dr. 1B et Dr. 1C (étude A. Roumégous). Les monnaies sont nombreuses. Mais la nature du terrain les a fortement endommagées. Une restauration est en cours pour augmenter les chances d’identification. Pour l’heure, on se contentera de situer ce camp dans une large fourchette chronologique, contenue entre la fin du IIe s. av. J.-C. et le milieu du Ier s. av. J.-C.

Le grand camp (camp F)

Les limites de ce camp (baptisé enclos F dans Conjard Réthoré, Ferber 2013) sont connues sur trois côtés grâce aux opérations de diagnostic : au nord, où il s’étend jusqu’à la falaise ; à l’est, où le fossé d’enceinte a été suivi sur toute sa longueur (650 m) ; au sud, où le fossé a été reconnu sur une longueur de 700 m. En revanche, à l’ouest, sa limite n’a pas été vue dans les différentes opérations archéologiques menées jusqu’à présent.

Ce camp couvrait au minimum 45 ha, ce qui en fait l’un des plus grands actuellement connus en Gaule. Par comparaison, le grand camp établi par César à Gergovie avait une superfice de 36 ha. Un autre camp attribué à César, à Berry au Bac dans l’Aisne, se développait sur 42 ha.

L’opération de fouille a permis d’explorer cette installation sur une surface de 8,5 ha. De très nombreuses observations ont été effectuées sur la manière dont l’armée romaine avait édifié ce camp et sur la façon dont celui-ci fonctionnait.

Le fossé d’enceinte a été suivi sur près de 600 m de long. Il comporte un profil en V, tout à fait classique pour ce type d’ouvrage. Avec une largeur à l’ouverture de 5 m et une profondeur de 3 m, il forme une ligne défensive particulièrement imposante. L’observation des remplissages du fossé est riche d’enseignements (étude J.-L. Brochier). En premier lieu, elle montre un schéma de comblement répétitif : du côté interne du camp, sont systématiquement concentrées les couches de graviers ; du côté externe, se trouvaient des couches de loess sans aucune inclusion. Cette dichotomie dans les remplissages a été observée dans la totalité des sondages et implique donc un stockage différencié des graviers et loess lors du creusement. Nous en avons tiré la conclusion que lors de la mise en place du fossé, l’armée romaine avait procédé à un tri rigoureux des matériaux. Les graviers ont été déposés par les soldats du côté intérieur du camp pour constituer la levée défensive (agger). Le loess, quant à lui, a été stocké à l’extérieur du camp. Nous avons toutes les raisons de penser que le loess a été placé là, à l’extérieur du retranchement, pour former un obstacle défensif avancé. C’est là une particularité très intéressante, qui n’avait – à notre conaissance – jamais été observée sur les camps militaires de Gaule. Elle est par contre attestée à plusieurs reprises en Grande Bretagne, où les chercheurs l’assimilent à un dispositif de contrescarpe. Une seconde observation peut être mise en avant concernant le remplissage de ce fossé. Dans tous les sondages effectués aucun dépôt naturel, même très fin, n’a été identifié. Aucune couche d’origine colluviale ou éolienne n’est attestée dans les stratigraphies. Cette absence ne peut être imputée à des épisodes de curages : l’étude géoarcheologique permet d’en réfuter l’existence. Cette absence est donc bien réelle. Elle indique certainement que le fossé est resté ouvert pendant un laps de temps très bref.

À l’intérieur du camp, plusieurs voies ont été identifiées. La via sagularis qui longeait la levée défensive a été très clairement observée. À certains endroits, la bande de roulement, d’une dizaine de mètres de large, est conservée. Une autre voie qui traversait le camp d’est en ouest a également été mise en évidence. Bien que la bande de roulement de la voie ne soit plus présente, son emplacement apparaît avec évidence à partir du plan des vestiges.

Les structures archéologiques repérées à l’intérieur du grand camp sont nombreuses. Il s’agit principalement de vestiges de fours. Ces structures de cuisson présentent invariablement la même morphologie avec une sole circulaire de 0,5 à 1,30 m de diamètre, elle-même adossée à une fosse de travail de forme sub-rectangulaire qui couvre en général 1 à 2 m2. Dans l’un des fours, un petit moulin à grain a été retrouvé in situ dans une logette latérale. Beaucoup de ces fours ont livré des céréales calcinées (étude en cours – J. Ros). Il y a lieu de penser que ces structures servaient principalement à la cuisson des pains et des galettes. Mais cette hypothèse méritera d’être vérifiée à partir d’analyses, notamment celles qui sont conduites sur les soles (lames minces, études physico-chimiques). Ces fours sont les principaux contextes livrant du matériel archéologique à l’intérieur de ce camp. Les amphores sont de très loin les artefacts les plus représentés. Il s’agit presque exclusivement d’amphores italiques de type Dressel 1 (avec une majorité de la variante Dr1C). La vaisselle de table en céramique est presque totalement absente, que ce soit dans les fours ou dans tout autre contexte. Nombreux sont les objets en métal présents dans le remplissage des fours : monnaies, clous de chaussure, fibule, éléments d’armement.

Les emplacements des tentes ne sont pas directement identifiables. Plusieurs piquets de tente ont été retrouvés, mais aucun n’était dans sa position d’origine. Grâce à la situation des fours, on distingue plusieurs alignements qui permettront de proposer des localisations pour les contubernia (tentes des soldats).

À ce stade de l’étude, il n’est pas aisé de dater précisément ce camp. Il a livré une grande quantité de fragments de céramiques, mais avec une proportion écrasante d’amphores italiques, ce qui ne facilite pas une datation resserrée. Parmi le mobilier métallique on reconnaît plusieurs éléments peu ou pas attestés avant le second quart du Ier s. av. J.-C. Concernant les monnaies, les datations se heurtent au même problème que celui que nous avons évoqué pour le camp E, à savoir une forte altération des surfaces due à la nature du terrain (restauration en cours).  À l’heure actuelle, la fourchette de datation pour ce camp est calée dans le second quart du Ier s. av. J.-C.

Le camp le plus récent (camp D)

Ce camp (baptisé camp D dans Conjard Réthoré, Ferber 2013) est parfaitement localisé grâce aux différentes opérations de diagnostic. Son fossé d’enceinte délimite un espace d’environ 25 ha, de forme carrée. En plan, ce camp se distingue des autres par la forme arrondie de ses angles.

Peu de choses sont connues sur l’aménagement intérieur de ce camp. La zone interne, étudiée sur 4000 m2 a subi un fort arasement qui a fait disparaître la plupart des aménagements. Seuls quelques tronçons de la via sagularis ont subsisté.

Le fossé du camp présente une morphologie semblable à celle des installations antérieures. Son profil est en V. Sa largeur atteint par endroit 6,5 m et sa profondeur 2 m. Vers le sud la fouille a montré une originalité. Le fossé présente en effet deux états bien distincts. Dans un premier état, le fossé était assez peu profond (1 m) et comportait un fond plat. Ce premier fossé a ensuite été comblé pour être remplacé par un fossé en V à la profondeur plus importante.

Ce camp apparaît parmi les installations militaires les plus récentes du plateau de Lautagne. Son fossé recoupe en effet celui du camp E. Il recoupe également un four attribuable au camp F.  Compte tenu de ses éléments stratigraphiques, ce camp ne peut donc se placer antérieurement au second quart du Ier s. av. J.-C. La céramique, quasi-absente des contextes, n’apporte pas davantage de précisions. Le mobilier métallique est par contre plus riche d’enseignements. On y recense en particulier une pointe de flèche à barbelure unique. Il s’agit d’un type connu dès La Tène C. Mais il est principalement attesté dans les contextes césariens, à Alésia ou au Puy d’Issolud.

Les vestiges du haut Moyen-Âge

Le haut Moyen-Âge est représenté par plusieurs structures concentrées en bordure ouest du chantier. À cette période se rattachent plusieurs grands fosses, des silos, des fours et au moins un puits.

Cinq grandes fosses sont installées dans la partie ouest de la zone de fouille. Elles prennent la forme de creusements irréguliers mesurant de 2,5 à 6 m de longueur et atteignant pour certaines 1,70 m de profondeur. En coupe, les fosses présentent toutes le même profil, avec un fond plat et des parois quasi verticales ou piriformes. Elles comportent un petit renfoncement dans leur partie basse (creusement en sape). Cette configuration conduit à les interpréter comme de petites carrières d’extraction de lœss. Leur comblement est principalement composé de lœss remanié incluant des fragments de céramique, de la faune (probablement des rejets de boucherie), des fragments de tuiles, des galets, quelques outils métalliques et des rejets charbonneux de four ou foyer.

Trois des cinq ensembles fossoyés sont associés à des fours à cuisson rémanente sans sole suspendue, dont le fond et les parois sont constitués par l’encaissant rubéfié. Seule la sole subsiste pour deux d’entre eux ; le troisième four, installé assez profondément dans le lœss, a conservé sa chambre de chauffe sur 50 cm de hauteur. La sole, constituée de pierres et petits carreaux céramiques, mesure 1,5 m de diamètre ; au niveau de l’ouverture de la sole se trouve un aménagement de l’alandier composé de grosses pierres verticales.

Enfin, un puits d’un mètre de diamètre a été repéré au nord-ouest de la zone de fouille. Fouillé sur 1,45 m de profondeur, il présente un profil à parois droites, des parois à l’origine vraisemblablement cuvelées de bois. Toutes ces structures contenaient du mobilier du début du Moyen-Âge (VIe-VIIIe s.).

Responsable d’opération : L.Buffat