Cette opération, menée sur une surface d’environ 4800 m2 et sur une période de 5 semaines, a permis de documenter les diverses traces d’occupation présentes sur le site, tout en précisant de manière non négligeable leur environnement hydrographique immédiat et surtout leur chronologie relative. On notera ainsi que ces fouilles nous permettent désormais de scinder l’occupation du site en deux grandes phases distinctes, et se faisant de leur associer toute une série de structures correspondantes.La première nous renvoie aux périodes Transition Bronze/Fer – Fer 1 ancien et se caractérise essentiellement par la présence des quatre grands fours –foyers, d’une fosse et d’un fossé ainsi que par la mise en place d’un important comblement anthropique dans l’un des bras mineurs du paléochenal. Ce dernier, loin de constituer un simple remblai de terre, revêt ici bien au contraire une certaine importance dans la mesure où cet amas stratifié de sédiment a non seulement livré un abondant mobilier céramique caractéristique de cette période mais aussi deux épingles en bronze qui viennent grandement préciser la chronologie relative de cette occupation (800 – 675/650 av. n. è.), tout en constituant de précieux témoins des échanges à longue distance de l’époque. La phase suivante est en comparaison bien différente puisqu’elle concerne tout d’abord l’Antiquité au sens large du terme (Haut-Empire – Bas-Empire),et qu’elle se distingue en outre par la nature de ses vestiges archéologiques. Ceux-ci prennent en effet non seulement la forme d’un important système de drainage des terres situées en bordure du paléochenal (drains et fossés) mais aussi celle de quelques traces plus ponctuelles de mise en culture. Il conviendra par ailleurs d’observer que la présence de ces vestiges implique également un probable changement dans la nature même de l’occupation du site (mise en culture de la parcelle) et fournit qui plus est, un début d’explication à la grande rareté des structures protohistoriques. Si l’on ajoute enfin à cette observation, le fait que le paléochenal semble avoir connu une nouvelle phase d’activité durant cette même période, et que le substrat ne se trouve qu’à une trentaine de centimètres de la surface actuelle, on comprend dès lors un peu mieux pourquoi les traces attribuables à la phase antérieure se résument aux seuls éléments précités, et surtout pourquoi il subsiste un important doute sur la nature exacte de l’occupation protohistorique (habitat, lieu cérémoniel, occupation saisonnière, etc.).Notons pour finir, qu’en dépit du caractère fortement arasé du site, celui-ci fournit néanmoins un exemple rare d’occupation des phases Transition Bronze/Fer – Fer 1 ancien et constitue donc à ce titre un élément pour le moins important dans l’étude de cette période spécifique.

Responsable d’opération : A.Rivalan