Les vestiges apparaissent relativement bien conservés et se répartissent en deux zones : l’une centrée sur le tumulus n°6 daté du milieu de l’Âge du Bronze et la seconde sur les pierriers n°4 et n°5 issus des travaux agricoles menés sur la planèze dont on observe encore l’activité sur les parcelles adjacentes.L’architecture du tumulus n°6 présente une mise en œuvre classique d’un tertre d’environ 11 m de diamètre, à trois couronnes. La troisième couronne, conservée sur huit assises sur un peu plus d’un quart du monument représente un exemple rare en Basse-Auvergne. La céramique mise au jour présente une homogénéité certaine qui corrobore la thèse d’une seule phase de construction déjà pressentie grâce à l’analyse architecturale. La découverte d’une préhension en bouton digité et de deux fragments de panse carénée, à arête vive ou méplat, oriente la datation entre le Bronze moyen et le Bronze final I. Des calibrations AMS ont été réalisées sur deux échantillons récoltés en partie centrale et en quart nord-est. Elles coïncident pleinement avec ce phasage. Dernier argument qui nous permet d’envisager une datation du milieu de l’âge du Bronze pour l’édification du tumulus n°6 : la présence d’une aire de combustion datée du Bronze moyen à une cinquantaine de mètres au sud-est du monument funéraire. L’étude pétroarchéologique des silex a permis de définir, outre les provenances, que les pièces recueillies renvoient à une origine plus ancienne que l’érection du tertre et traduisent de fait un ramassage et une réutilisation volontaire. Leur présence à la fois sous le tertre et au coeur de sa structure plaide en faveur d’une dépose de ces artefacts par les bâtisseurs. Le tumulus n°6 connaît des fréquentations et des interventions postérieures, probablement dès le HaC ou Ha D1-2. Elles s’illustrent par un fragment de vase de stockage à décor d’impression à l’estèque et une bûche brûlée sur place au contact extérieur de la première assise de la troisième couronne (2410 ± 35 BP). La fibule de la Tène B2 découverte lors du diagnostic indique quant à elle un passage sur la zone au second Âge du Fer. Enfin, la présence d’horizons charbonneux datés par calibrations AMS du Haut-Empire (1800 ± 30 BP et d’un bord de cruche en céramique grise non tournée démontre une fréquentation antique et médiévale.

Responsable d’opération : A.Duny

DUNY (A.), BANER JEA (R.), BATCHELOR (C.), GRAY (L.), SAVE (S) – Une structure tumulaire du Bronze final en Haute-Auvergne : Le tertre n°6 du Lac Lant à Espalem. Rapport Final d’Opération, Mosaïques Archéologie, Cournonterral, mai 2013, 149 p.