Une seconde opération en parallèle à celle du « Lac Lant » menée sur le tertre du « Lac Citrou , a également livré les restes d’une couronne périphérique, d’une partie de la chape et de la calotte tumulaire. Son diamètre restitué fait état d’une circonférence d’environ 11,30 m. Bien que l’état architectural des tertres soit remarquable, l’absence en leur sein de toutes traces de sépultures demeure problématique. Cette indigence laisse présager que le mode sépulcral choisi fût celui de l’inhumation. La nature du substrat associé à des variations de températures conséquentes ont pu engendrer une dégradation totale des restes osseux, y compris des dents. Les deux dépôts de tessons découverts sous l’emprise du tertre, en partie centrale et dans le quadrant sud-est, ont livré un matériel datant. De plus, l’identification et le recollage de plusieurs fragments de céramique appartenant à un même vase plaident en faveur d’un bris et d’une dépose intentionnels de ces artefacts sous le tumulus. Le mobilier issu de ces deux concentrations, ainsi que les fragments isolés, répandus au hasard sur le paléosol, présentent une homogénéité typo-chronologique. La série exhumée renvoie à des récipients à bord divergent et lèvre aplatie, horizontale ou biseautée, caractéristiques de la culture matérielle du Bronze final IIb/IIIa. Les bouleversements architecturaux et l’hétérogénéité du mobilier témoignent à eux seuls des interventions ultérieures sur le tertre. De ces fréquentations subsiste notamment une série conséquente de fragments en pâte calcaire sableuse, claire ou rosée, dont certains portent un décor incisé de chevrons. Ces éléments renvoient aux productions laténiennes régionales. Ils soulèvent la question d’un geste de dépôt intentionnel : culte aux ancêtres ? A une période plus récente, probablement contemporaine, correspond la construction d’un mur parcellaire et d’une cabane de pierres sèches qui, au-delà de s’appuyer contre le tumulus, en ont spolié de nombreux blocs. Le mobilier constitue ainsi, avec l’architecture, un témoin unique du geste funéraire. Bien que l’ensemble céramique des deux tertres soit peu important, il permet néanmoins de replacer les tumulii au sein d’une chronologie Bronze moyen ou Bronze final I pour le tertre du Lac Lant, Bronze final IIb-IIIa pour celui du Lac Citrou.

Responsable d’opération : A.Duny

DUNY (A.), AYASSE (A.), BANER JEA (R.), BATCHELOR (C.), GRAY (L.), SAVE (S.) – Une structure tumulaire du Bronze final en Haute-Auvergne : Le tertre n°1 du Lac Citrou à Espalem, Rapport Final d’Opération, Mosaïques Archéologie, Cournonterral mai 2013, 133 p.