Au sud-ouest de la commune d’Orange (Vaucluse), le projet d’extension de la carrière Lafarge sur la zone occidentale du massif du Lampourdier devait impacter une série de vestiges archéologiques d’époque antique. Le Service Régional de l’Archéologie a édicté une fouille préventive sur une superficie d’environ 1,7 ha. Réalisée du 28 avril au 10 juin 2016 par Mosaïques Archéologie, la fouille a confirmé la présence d’une série de structures et de mobilier archéologique en lien avec une occupation militaire d’époque tardo-républicaine. Située sur un secteur stratégique dominant la vallée alluviale du Rhône, la partie occidentale du massif du Lampourdier présente un replat peu large culminant à 105 m NGF. Il est bordé à l’ouest et au sud par des versants très escarpés voire par endroit par des parois sub-verticales. Il constitue ainsi un lieu facilement défendable et semble propice à une installation humaine. L’ouverture d’une fenêtre de décapage sur la partie sommitale de ce secteur a permis de documenter une série de structures inédites dans la région tant pour ses chronologies que pour la nature des vestiges exhumés. Sur le secteur de fouille les campagnes de sondages et de prospections précédentes ont mis au jour un nombre important d’objets métalliques en lien avec des militaria d’époque romaine. La fouille de ce secteur, qui fait l’objet de ce Rapport de Fin d’Opération, a également enrichi considérablement ce corpus de militaria. Au total, plusieurs centaines de  clous de caligae, un nombre important de monnaies républicaines, des pièces d’armement (pointe de lance), des pièces d’armures et d’autres instrumentum participant à la vie quotidienne du soldat romain, ont été découverts. La majeure partie de ce mobilier métallique ramassé a été systématiquement géoréférencé, il constitue de ce fait un élément précieux pour appréhender la chronologie et la compréhension du site. Si ce corpus abandon de militaria découvert lors de la fouille pourrait suffire à lui seul à identifier le contexte d’occupation, la nature des vestiges exhumés confirme également sans équivoque une présence militaire sur le massif. La fouille a livré un potentiel archéologique réel suite, d’une part, à la découverte de nombreux fragments de céramiques et objets métalliques (plus de 2000 objets : clou de chaussure, armement et monnaie) et, d’autre part, grâce à la découverte de structures archéologiques. Les vestiges mis au jour consistent principalement en quatre catégories de structures: des niveaux de rejet de céramiques antiques, des amoncellements de galets de fronde, des fosses à ossements d’équidés et un talus défensif. Compte tenu du socle rocheux immédiatement visible sous une fine couche d’humus, les structures en creux sont rares. Excepté  quelques exemples de fosses, la plupart des structures se sont trouvées en effet installées directement sur le substrat rocheux sans creusement apparent. L’ensemble de ces vestiges s’intègre dans un schéma inédit d’une occupation militaire sur un relief escarpé, rarement observé en Gaule méridionale pour la période antique. Même si les informations livrées par les vestiges restent limitées, ce site apporte néanmoins des données archéologiques relatives à l’organisation d’une occupation militaire de l’extrême fin du IIe s. av. J.-C. à proximité d’Orange.

Responsable d’opération : Y.Zaaraoui