Les premières traces d’occupation reconnues correspondent à des vestiges de l’époque néolithique et de l’âge du Bronze ancien. Elles se présentent sous la forme de trous de poteau, de structures de chauffe et de vases en céramique non tournée en place, disséminés autour des aménagements gallo-romains. L’occupation antique se divise en trois principaux espaces, l’espace central, l’espace oriental et l’espace occidental. En partie centrale, un tronçon de fossé perpendiculaire d’axe nord-sud légèrement incliné vers l’ouest et son retour vers l’est offre dans son comblement un assemblage céramique qui permettrait de dater son abandon dans le courant, voire dans la première moitié du Ier s. ap. J.-C. Son orientation et la datation de son comblement suggèrent une chronologie précoce, en regard de la chronologie globale de l’établissement. Il fonctionne avec plusieurs fosses de fonction indéterminées. A partir du 3e quart du Ier siècle de notre ère, un établissement révélant plusieurs phases d’aménagements se met en place. Cet ensemble s’observe sur 59,25 m par 77 m soit sur une superficie de 4568 m² (200 x 260 pieds romains). Il s’organise autour de trois corps de bâtiment et d’une cour caladée. Le bâtiment rectangulaire qui occupe la parcelle AO115, à l’ouest se présente dans son état initial sous la forme d’un rectangle de 43,85 m sur 10,90 m, soit 148 x 37 pieds romains. Deux pièces s’y installent de 294 m² et 85 m². Le bâtiment est ensuite remanié. Il est alors dégagé sur une longueur de 51 m et se poursuit au-delà des limites de fouilles vers le nord. Large de 9,2 m, il dispose de structures internes et externes qui réduisent ou complètent l’organisation du premier état. Une perturbation moderne (route bitumée) coupe toute sa partie orientale. Au total il mesure 200 x 30 pieds romains avec une aile septentrionale de 70 pieds de large. Deux lambeaux de sol en terre sur radier fonctionnent après la segmentation de la pièce sud pour former respectivement deux pièces d’une longueur interne de 5,20 m et 2,80 m. Une vaste pièce centrale de 28,5 m de longueur, dont le parement occidental est contreforté, est bordée au nord par une pièce de 9,20 m de longueur. Elle dispose d’un puissant radier conservé sur une hauteur de 90 cm, couplé à une canalisation dont le fond est tapissé d’un béton de tuileau. Une pièce supplémentaire a été reconnue lors de l’investigation précédente sur la tranche 2, au départ de laquelle un mur clôture l’établissement au nord et à l’est avant de rejoindre le secteur bâti à l’est. Malgré un épierrement intensif de la zone bâtie à l’est, on lit le plan de deux pièces quadrangulaires de 9 m à 10 m de côté interne, qui se font face et sont distantes de 4,50 m. Dans cet espace que l’on peut interpréter comme une entrée, s’inscrit une canalisation qui rejoint une cour caladée. Cette dernière s’installe dans une zone excavée d’environ 12 m de diamètre, dont le côté oriental s’appuie contre l’ensemble bâti. En bordure occidentale de cette zone excavée, un mur de soutènement/terrasse est installé. Le creusement est ensuite tapissé d’un sol caladé mis en place dans le courant du Ier s, puis remblayé suite à des épisodes d’inondations, avant d’accueillir un second niveau de sol caladé. Cet espace en creux a permis de sceller le niveau d’abandon/démolition de l’établissement qui intervient à la fin du IIIe s. A l’ouest de la cour, un troisième bâtiment prend place. Son état d’arasement ne permet pas de distinguer les différentes phases de son aménagement. Néanmoins, il s’observe sur 15,30 m de long pour 5,50 m de large (50 x 18 pieds romains). Deux pièces de 42 m² et 15 m² s’y installent. Au sud une extension de 3,50 m par 4,50 m s’adjoint au bâtiment. Des tracés de murs souvent discontinus et mal datés ainsi que des fosses complètent l’organisation du site. Des couches de colluvions issues du versant recouvrent par la suite le site. L’approche fonctionnelle des différents ensembles construits de cet établissement reste difficile. Seuls les aménagements mis au jour dans le bâtiment occidental permettent d’émettre l’hypothèse de pièces à dominante viticole destinées à accueillir un pressoir et un chai. Si l’élevage n’est pas reconnu sur ce site, en revanche des traces d’activités agricoles nous sont parvenues (vigne, céréales) ainsi que des activités artisanales (travail du bois, métal, textile). L’activité viticole semble au cœur du fonctionnement de cet établissement.

Le site permet de compléter les connaissances sur l’occupation pré/protohistorique et antique des campagnes autour d’Anse. Il bénéficiera d’une mise en commun des données des fouilles des deux tranches afin d’apporter une cohérence scientifique à même de pouvoir caractériser son statut.

Responsable d’opération : J.Galy